Femmes cougars d’hier et d’aujourd’hui …

Flashback : la première fois que j’ai entendu parler du phénomène cougar …

La première fois que j’ai entendu parler du phénomène cougar, j’étais un peu dubitative  …

En bonne française n’ayant jamais été ni en Californie ni en Floride, un cougar pour (moi comme pour le reste du monde probablement) c’était un animal des rocheuses américaines, rien de plus. Puis ont déferlés les reportages sur TF1, NRJ12 etc … Ces reportages méttaient en avant des femmes mures et décomplexées en quête de partenaires plus jeunes …

Avant aussi il  y avait des cougars …

Des femmes mures (initiatrices) attirées par de jeunes hommes pour tromper l’ennui, ça toujours existé. Dans son livre Libres d’aimer, les cougars dans la littérature, Clélia Renucci rappelle que la littérature est peuplée de maîtresses plus âgées que leurs amants. Mais il est vrai qu’il n’y avait pas de terme spécifique pour parler des couples formés par des femmes et des hommes plus jeunes qu’elles.

On observe toutefois des changements importants depuis le début des années 2000.

Le phénomène cougar a rencontré un énorme succès aux Etats-Unis puis dans le reste du monde.

  • Différentes stars, actrices ou chanteuses ont motré l’exemple.
  • Les films et les séries qui parlent de cette tendance ont aussi largement participé au succès du phénomène cougar.
  • Toute une culture cougar à émergé et elle continue à évoluer …

D’après un récent sondage, près de 60% des femmes âgées de 30 à 45 ans déclarent avoir déjà flirté avec un homme plus jeune qu’elles ou envisager de le faire.

  • Les femmes attirées par des hommes plus jeunes ne se cachent plus (ou moins).
  • Elles ne voient pas pourquoi les hommes qui sortent avec des jeunettes ça ne choque pas alors que ce n’est pas le cas des femmes qui sortent avec des hommes plus jeunes.
  • Elles assument plus.
  • Elles en parlent plus.

En parallèle, l’image traditionnelle du couple continue à évoluer

  • Il faut ici rappeler que depuis l’Aube des temps, le couple avait un objectif principal : créer une famille. Pour cela, la femme devait être jeune.
  • Mais de nos jours, ce modèle est caduc. La recherche du partenaire que ce soit pour une nuit ou plus ne se fait pas dans un but de procréation mais seulement pour un plaisir personnel. Les femmes (et en particulier les femmes de 40 ans ou plus) n’ont plus besoin de remplir un objectif social. Elles sont plus libres et indépendantes que par le passé.

Avec l’allongement de la durée de vie, le parcours sentimental s’allonge et peut donner lieu à plus de rencontres. Le nombre de divorces en est bien le signe : peu de couples résistent au temps qui passe. Et l’on voit apparaître de plus en plus de personnes qui ont plus de 40 ans et qui sont seules. Ces personnes ont souvent eu des enfants. Elles ont souvent passé du temps à s’investir dans leur couple et dans leur travail. Mais ces contraintes sont derrières elles. Elles sont à un âge où elles ont envie de (et peuvent) penser à elles après toutes ces années passées à s’occuper des autres. Elles sont à un âge où elles sont encore attirantes et où elles veulent en profiter.

Après avoir été longtemps en couple, elles souhaitent profiter de leur célibat tout récent. Elles ne veulent pas forcément refonder un couple mais plutôt vivre différentes aventures. Ce constat vaut pour les hommes comme pour les femmes. Mais avec le phénomène cougar, on note tout de même des évolutions plus marquées du côté des femmes.

De fait, on peut voir dans le phénomène cougar comme une marque de modernité et de changement des mœurs.

Il pourrait même signifier la fin de l’ère où c’était toujours l’homme qui était le plus âgé dans une relation.

Le choix de la jeunesse

Pour beaucoup de femmes, sortir avec un partenaire plus jeune leur permet de se réapproprier leur sexualité, de s’affirmer comme sujet de désir et de prendre le contrôle sur leur plaisir.

Plusieurs femmes perçoivent les hommes plus âgés comme étant moins énergiques (voir pantouflards) et peu attirants, alors qu’elles se considèrent elles-mêmes comme encore belles et actives. Elles déplorent aussi l’attitude négative des hommes de leur génération qui leur semblent aigris et affectés par leurs précédentes relations.

Elles se reconnaissent davantage chez les jeunes hommes qu’elles perçoivent comme plus dynamiques.

Le phénomène cougar à pour moi plusieurs facettes …

La première et probablement la plus acceptée est celle de permettre à la femme de se reconnaître et de s’accepter dans une catégorie sociale à part entière dont on parle et qui la déculpabilise des choix qu’elle fait, exactement de la même manière que la crise de la quarantaine à pu déculpabiliser les hommes infidèles.

La deuxième facette moins positive, c’est que j’ai toujours un peu eu l’impression que ce phénomène cougar était une totale construction de publicitaires et de sociologues et qu’il n’y a jamais trop eu d’autre réalité derrière tout ça que sexualiser encore un peu plus la femme dans un rôle social de prédatrice.

Discussion

De la même façon que Meetic faisait sa pub vers la fin des années 2000 à base de slogans « Les règles du jeu ont changés » et montrait une femme prédatrice, il me semble que ce phénomène cougar n’est qu’une façon de plus de faire des femmes des créatures sexuelles dont il est facile de disposer en les regroupant sous la même étiquette (les célibatantes d’un coté, les PQR, les MILF, les Cougars etc) …

Tant et si bien qu’au final on ne sait plus trop si toutes ces étiquettes sont en faveur des femmes ou en faveur de ceux qui veulent en abuser (d’ailleurs j’aimerais bien connaître vos avis là-dessus, que vous soyez cougar ou non).